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A propos

Isabel Aguera

Les grands formats d’Isabel Aguera nous en imposent. Sa puissance expressive, son incongruité imaginaire, son monde. Dans la série L’épopée de Gilgamesh, Humbaba est un lion à la fois menaçant et vaporeux comme neige face à deux têtes de clowns flottantes dans une eau immaculée bleue ; énigme, magnétisme du sujet, et aussi Véracité de la figure car Humbaba, gardien des cèdres sacrés, est réellement un démon.

L’Amour Fou : serait-ce que les fantômes et tous les morts qui habitent forêts ou autres lieux soient invités à une grande bacchanale, réincarnés en animaux copulant aux joyeux instincts bafouant toute morale dans un énorme rire salvateur ? Et il y a d’évidence une logique à toute cette truculence de copulations innommables face à une autre série qui montre des épouvantails goguenards et exultant, ces épouvantails bateleurs, illusionnistes, jongleurs amoureux et clowns célestes dans le monde des morts, c’est cela, … dans la grande tradition des fêtes funestes et barbares, ou des grandes fêtes jubilatoires mexicaines, la grande faucheuse carnavalesque danse et jouit.

Isabel Aguera noue sa faconde graphique aux grands thèmes tragiques et désopilants de la vie et de la mort, de manière personnelle sans référence explicite, dans cette veine de la démesure, apocryphe et provocante qui relie les danses macabres de la fin du moyen- âge aux grands tableaux de Brueghel qui parlent de la folie, du monstre de la laideur et de la beauté mêlées jusqu’aux satires d’Ensor ou d’Otto Dix, … regardez encore la série Noces, l’appétit sexuel frise avec l’humiliation, la convoitise, le ridicule, la joie, la cupidité, la mort et devient une immense Farce.

Et puis avec le mythe, le derrière des choses, la mort, le rire et la satire, il y a l’écriture, le geste, le paysage et la couleur. Son espace est un tissu dans lequel une profusion de signes vifs et tendus saisit d’un coup quelque chose de vivant, de très juste, de réel.

Humbaba est un démon comme ses oiseaux, dans la série Birds, sont aussi vrais que leurs cris, chants et gestes suspendus se répercutent dans notre inconscient ; oui, les oiseaux de Zeuxis sont dupes des corneilles d’Isabel Aguera. Et sa couleur donne la profondeur, une profondeur non naturaliste, mythique, fictive ou suggestive. Ses couleurs sont foisonnantes, parfois disséminées en laissant la part du blanc, parfois saturées, elles sont aussi délicates, douces, subtiles ou à l’inverse dynamiques porteuses du beat de l’expressionnisme américain, car si le dessin s’impose avec ses accents sombres, si le dessin nous rattache hardiment à la réalité, elle ourdit l’espace avec la couleur en grande chorégraphe pourvoyeuse d’états d’âme.

P. Deroche, Conférencier Musée d’Art Moderne de la ville de Paris

 

 

Isabel Aguera, diplômée de l’École nationale des Beaux-arts de Paris, peint depuis plus de trente ans. Son travail ayant attiré rapidement l’œil de collectionneurs et d’agents étrangers, ses œuvres voyagent à travers le monde entier et sont présentées dans de nombreuses foires et galeries hors de nos frontières. Dès lors, elle se consacre entièrement à sa pratique artistique et se nourrit de nombreux voyages, ayant une prédilection pour cette Babylone contemporaine qu’est New-York où elle se mêle au foisonnement des différentes scènes artistiques underground. La ligne de front entre réel et imagination est souvent à l’ouvrage dans le travail d’Isabel Aguera d’où un élément figuratif central qui, de son propre aveu, lui permet de garder prise avec la réalité première qui est donnée à voir à notre rétine. De cet élément, un bouillonnement sans contraintes emprunte alors une route constituée de hasards et d’accidents afin de faire jaillir un langage pictural hors des contrées balisées du langage et de la narration. Durant l’acte de création nait alors une peinture qui se raconte autant qu’elle conte.

Investiguant les territoires de sa mémoire, prospectant des univers fantasmés où l’invention et la découverte de nouvelles écritures est le moteur, Isabel Aguera conserve toujours comme fil d’Ariane dans sa démarche plastique la composition ; l’agencement de chacune de ses œuvres découlant d’un travail préparatoire constitué d’innombrables esquisses et croquis où le geste est guidé par le désir d’un trait qui se suffirait à lui-même, presque déconnecté de toute pensée, où peinture et écriture se côtoient. De ces épreuves, telle une œuvre architecturale les fondements étant alors posés pour le basculement créatif nécessaire à la réalisation de ses toiles. Loin de s’enfermer dans un processus de création balisé et routinier, Isabel Aguera s’astreint à repousser toute zone de confort qui ampute souvent les régénérations et possibles mutations, cherchant ainsi à se réinventer en prospectant des territoires propices à de nouvelles écritures… De celles-ci naissant souvent la liberté, cette dynamique nécessaire à l’exploration où les chemins de traverses et les prises de risques sont constants. Ne se souciant pas du regard du spectateur ni du résultat, le trajet qui amène à l’œuvre est aussi important que l’œuvre achevée elle-même.

Romain Grieco, Anthropart

Solo Exhibitions

2016 Galerie Linz Paris
2012 Espace Privé R.Cox New-York
2011 Galerie F.Mogabgab Beyrouth
2009 Galerie F.Mogabgab Beyrouth
2007 Espace Privé Anne Lalou-Michel Schneider Paris
2006 Diables Galerie Médial Berlin
1998 Galerie Z Paris
1997 Toros-Toreros Galerie EOF Paris
1996 Context Studio Gallery New-York
1994 Annext Gallery New-York
1993 Annext Gallery New-York
1987 Galerie Diane Maniere Paris

Group Exhibitions

2020 Paysages-Pays Sages commissaire d’exposition Nathalie de la Grandville Le 100ecs Paris
2020 Paysages/Présages commissaire d’exposition Collectif Korper 6B Saint Denis
2019 Jardinons les Possibles Commissaire d’exposition Isabelle de Maison Rouge Les Grandes Serres de Pantin
2019 Double exposition Galerie 2 Zèbres St Gervais
2019 Papiers en Œuvres Le 100ecs Paris
2019 Galerie Patrick Bartoli Marseille
2018 ANIMA/ANIMA.UX Le 100ecs Paris
2018 Salo VI Salon du dessin érotique Paris
2017 Salo V Salon du dessin érotique Paris
2017 Hors Cadres La Cave à Bananes Paris
2013 Galerie F.Mogabgab Beyrouth
2011 Un bal à Pascani Palais Cantacuzene-Bratianu – Pascani – Roumanie
2009 Galerie F.Mogabgab Beyrouth
2004 Contempory Art Fair Arlev Art Gallery Londres
2004 Contempory Art Fair Arlev Art Gallery New-York
2004 The Art Paper Fair Arlev Art Gallery Londres
2004 Contempory Art Fair Arlev Art Gallery Bristol
2003 Contempory Art Fair Arlev Art Gallery Londres
2003 Contempory Art Fair Arlev Art Gallery New-York
2003 The Art Paper Fair Arlev Art Gallery Londres
2002 Prix de la Fondation Prince Pierre de Monaco Monaco
2002 Contempory Art Fair Arlev Art Gallery Londres
2002 Contempory Art Fair Arlev Art Gallery New-York
2001 Europ’Art Geneve
2001 Contempory Art Fair Arlev Art Gallery Londres
1997 Galerie EOF Paris
1995 Galerie Diane Manière Paris
1992 Galerie Serpenti Rome
1990 Centres Culturels Français Le Caire, Alexandrie, Koweït, Martinique
Galerie des beaux-Arts Paris
GRANTS : Aide à la création Fondation ECART-POMARET